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Un vrai amour de la nature, en famille et des bons produits bio locaux à déguster en chemin...
À Garéoult, au pied des collines du Var, mes journées commencent souvent avec la terre. Avant le bruit des machines, avant les clients, avant les décisions, il y a cette fraîcheur du matin, l’odeur du thym, la lumière qui s’étale doucement sur les rangs du Potager du Cabanon.
Depuis plus de dix ans, avec Jennifer et nos deux enfants, je cultive ici des légumes bio, sous label AB. Le maraîchage m’a appris une chose essentielle : on ne triche pas avec le temps. Il faut semer, attendre, observer, recommencer. La météo, l’eau, les saisons, la fatigue parfois… tout vous oblige à rester humble.
Le Potager du Cabanon, pour nous, ce n’est pas seulement une exploitation. C’est une manière de vivre la Provence. Travailler tôt, vendre sur place, parler avec les clients, bavarder avec les habitués, entendre parfois un nouveau visiteur dire qu’il n’a jamais goûté une tomate comme celle-là. Ce sont des moments simples, mais ils disent beaucoup d’un territoire.
Et puis, quand la terre nous laisse un peu de respiration, nous partons sur les chemins. En vélo électrique tout terrain, parfois en trottinette électrique. Les pins projettent leur ombre sur les pistes, les collines s’ouvrent sur les vignes, les oliviers, les restanques, les parfums de résine et de pierre chaude.
Très vite, ces sorties sont devenues plus que des balades familiales. On s’arrêtait chez un voisin producteur, un fromager, un apiculteur, un artisan du goût. Quelqu’un nous tendait du pain au levain, un peu de miel, quelques noix, un fromage bio, et disait simplement : « Tiens, goûte-moi ça. ! ». C’est là que j’ai compris qu’on pouvait faire découvrir le Var autrement.
VARBIKE est né de cette évidence : partager une Provence vivante, à hauteur de chemin.
Pas seulement louer des vélos ou des trottinettes, mais proposer une rencontre avec un territoire, un terroir, ses paysages, ses producteurs, ses savoir-faire.
La première saison m’a donné de beaux signes. Les gens revenaient avec le sourire. Des familles, des groupes d’amis, des touristes de passage découvraient Garéoult autrement. Ils parlaient des collines, des haltes gourmandes, du plaisir d’être accompagnés vers des lieux vrais.
Pour un professionnel du tourisme, c’est un signal fort. Je voyais bien que VARBIKE répondait à une attente actuelle : un tourisme plus nature, plus incarné, plus local. L’œnotourisme, les circuits gourmands, la mobilité douce, les rencontres avec les producteurs ne sont plus des détails. Ce sont désormais les vraies raisons de choisir une destination.
Mais derrière les sourires, il y avait les chiffres.
Et les chiffres, eux, ne sourient pas toujours.
Le 15 avril 2026, je me suis retrouvé face à mon matériel : quinze vélos et trottinettes électriques tout terrain. Un investissement lourd. Une première année largement déficitaire, comme souvent quand il faut acheter, équiper, lancer, expliquer, convaincre.
J’aurais pu revendre. Trois mille, quatre mille euros par machine peut-être. Limiter la casse. Revenir au potager, au connu, au solide. Cette option avait quelque chose de raisonnable. Presque rassurant. Mais elle me laissait un goût étrange, comme une récolte coupée trop tôt.
Alors j’ai douté. Pas un doute qui paralyse, mais un doute qui oblige à regarder les choses en face. Est-ce que cette activité peut devenir rentable ? Est-ce que la deuxième saison dira la vérité ? Est-ce que le plaisir des clients suffit à porter le risque ?
Dans ma tête, les images se répondaient. D’un côté, les enfants qui racontent la descente à vélo, les adultes surpris par la qualité des produits, les producteurs heureux de recevoir. De l’autre, les mensualités, l’entretien, la saison courte, la peur d’un gouffre financier.
Et puis une phrase de mon père m’est revenue :
« Tu réfléchis bien, tu décides, tu te bats et tu assumes sans regret. »
Ce n’est pas une phrase spectaculaire. C’est une phrase de travail. Une phrase de terre. Elle ne promet pas que tout sera facile. Elle dit seulement qu’une décision prise lucidement mérite qu’on lui donne sa chance jusqu’au bout.
Alors j’ai décidé. VARBIKE reprend du service le 1er mai 2026.
Une nouvelle saison s’ouvre pour les vélos et les trottinettes électriques, pour les balades gourmandes, les chemins, les haltes, les rencontres avec les producteurs, les découvertes du terroir varois.
La peur n’a pas disparu. Elle est encore là, parfois, au bord de la décision. Mais elle n’est plus seule. Maintenant, il y a une direction.
Pour les agences de tourisme et les professionnels qui cherchent des expériences authentiques à proposer, VARBIKE n’est pas seulement une location de matériel. C’est une passerelle entre mobilité douce, terroir bio, nature encadrée et économie locale. C’est une manière concrète de vivre un territoire plutôt que simplement le visiter.
Je ne sais pas encore ce que dira cette saison. Mais je sais une chose : je n’aurai pas de regret. J’ai réfléchi, j’ai décidé, et maintenant je vais me battre pour réussir et assumer le chemin choisi.
Au fond, entreprendre dans le tourisme, c’est peut-être comme travailler la terre : planter avec lucidité, cultiver avec courage, puis laisser l’expérience parler à ceux qui viennent la vivre.
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